Développement durable ou devoir citoyen au village
L’aborder, en parler est déjà énorme : nous savons que cette tâche ne sera pas chose aisée. Cette forme de devoir citoyen aura plusieurs aspects : la plantation d’arbres pour le bois de chauffe, mais aussi d’arbres fruitiers, l’augmentation des surfaces de cultures afin de pouvoir satisfaire l’ensemble du village en cas de sècheresse. Autour du village, subsistent des zones non cultivées où le sol très dur et rocailleux, ne se prête guère aux cultures, il faudrait le labourer plusieurs fois afin de le rendre fertile.
Aucun matériel de labour n’existant sur place, nous allons nous orienter vers la mise à disposition des cultivateurs d’une charrue permettant de préparer les sols. Des bêtes de somme en l’occurrence des bœufs faisant partie du cheptel villageois permettront ainsi de travailler plus facilement la terre. Contre la demande du collectif local, nous privilégierons le compost naturel plutôt que l’utilisation des engrais chimiques qui auraient vite fait de brûler un sol déjà pauvre de nature.
Le Niger à l’instar de bien d’autres pays souffre d’un déboisement massif (- 50% en 40 ans) du peu de forêt qu’il lui reste (superficie estimée à 2%), le bois étant utilisé en grande partie par les ménagères sous forme de bois de chauffe et la construction.
Traditionnellement la ménagère nigérienne cuisine en plein air avec 2 ou 3 grosses pierres qui servent de support à la marmite, le feu étant ainsi exposé aux 4 vents est souvent activé d’une manière soutenue avec une forte déperdition de la chaleur. Depuis près de 25 ans un foyer fermé fabriqué sur place dit « foyer amélioré » a fait son apparition un peu partout sur les marchés, malheureusement les familles nigériennes ne l’ont pas forcément adopté, au village il n’en existe pratiquement aucun. Pourtant cela pourrait être un début de solution pour lutter d’une manière responsable contre la désertification car il a l’avantage de garder et de concentrer la chaleur sous la marmite, du coup la cuisson est plus rapide et on utilise moins de bois.
Nous allons dès le mois de juillet mettre à disposition des familles nombreuses, nécessiteuses et grandes consommatrices de bois des foyers dont le coût unitaire reviendrait à environ 4 Euros. Si l’expérience se révèle positive, nous doterons progressivement de foyers améliorés l’ensemble des familles du village qui sont de l’ordre d’une centaine. jmarie